lundi 24 août 2009

Numéro 9

Voici l'histoire de 9 chiffres, 9 figures (en anglais, pour le jeu de mots), qui se baladent dans les basses ruines d'un monde post-apocalyptique. Ce film, produit (mais pas réalisé) par Tim Burton, a un design fantastique et très recherché, mais n'est au fond (du gouffre) que du vent.

Ci-jointes, des images pour contempler l'œuvre graphique de ce film, en HD quand vous cliquez dessus (comme d'habitude, en fait) :

Évidemment, les photos sont alléchantes. Mais elles n'ont aucun fond.

Ayant créé une sorte de Skynet (dans Terminator) qui provoque l'apocalypse, un chercheur produit en dernier recourt quelques poupées censées incarner une partie de son âme pour sauver le monde. Ce qui est totalement aberrant :
Primo, apparemment, il n'avait plus grand-chose dans son laboratoire et s'est mis à la couture. Question : comment une chose en toile de bure ou de velours peut affronter des petits Terminators. Réponse : l'inventeur avait trop fumé la veille pour penser correctement.
Secundo, chaque poupée possède un neuvième de l'âme du créateur, donc sûrement une facette distincte. Les figures ont une personnalité tellement peu élaborée que c'est difficile à croire. Il y a une brute, un peureux et salaud, deux timides, et les cinq autres se ressemblent.
Tertio, après avoir détruit "Skynet version Drône de Matrix", ce qui est déjà remarquable pour des bouts de tissus, comment vont-ils recréer un monde ? En fondant de nouveau la société Barby ? Le film se termine là, le spectateur n'a aucune réponse, il est laissé sur sa faim et sur sa fin.
Si c'était un conte pour enfant, ces absurdités passeraient car le réalisme serait mis de côté. Le problème est que ce n'est pas du tout le cas. C'est une fiction qui veut se cramponner à une réalité dont on ne voit pas la cohérence, malheureusement. Il hésite entre deux concepts très différents. Une hésitation qui fait tâche !
A croire que le design a été créé en premier, puis qu'une histoire s'est greffée par dessus pour justifier le style graphique... Le réalisateur s'y est pris à l'envers.

En bref, un film graphiquement superbe, inintéressant en histoire, mais plutôt divertissant au final.

In Vodka Veritas


Je recopie dans ce billet un article (écrit par le philosophe anglais Roger Scruton dans la revue Standpoint en Juin 2009 et traduit en français dans Philosophie Magazine en Juillet 2009) qui a le mérite ou le déshonneur de refléter plus ou moins ma manière de pensée sur le phénomène que j'appelle "l'alcoolisme sans conscience de ce putain de bordel environnant" ou autres insanités qui viennent à l'esprit.

Bref:
Si vous souhaitez comprendre le phénomène de "binge drinking" [qui consiste à se réunir occasionnellement pour boire des quantités massives d'alcool dans un lieu public, NDLR] et ce dont il témoigne, je crois qu'il faut partir de la réflexion suivante :
Lorsque des gens s'asseyent ensemble sur une place publique – une place dont personne n'est le souverain, mais où chacun se sent chez lui –, et lorsque ces personnes passent la soirée ensemble, à siroter des boissons grâce auxquelles l'esprit du lieu est mémorisé et magnifié, à fumer dans certains cas, sans craindre de troquer les bénéfices incertains de la longévité pour les joies assurées de la camaraderie, ils répètent dans leur âme l'accord originel, l'acte grâce auquel notre espèce s'est mise sur le chemin de la civilisation à travers la loi et l'ordre.
Quand, en revanche, des gens sifflent leurs boissons sans intérêt pour leurs voisins, sauf à se considérer tous comme les membres égaux d'une tribu sauvage de chasseurs-cueilleurs, quand leur intérêt est de parvenir à l'ivresse et quand l'acte de boire n'est ni savouré ni compris, alors ils en reviennent à ce temps d'avant la civilisation où la vie était solitaire, pauvre, brutale, vicieuse et courte. On le comprend, une telle manière de boire conduit à un sentiment belliqueux à l'égard de tous les signes environnants de stabilité, à un besoin impérieux de frapper et de détruire pour remplacer le monde ordonné des maisons, des rues et des immeubles publics par un vaste terrain vague où seuls les ivrognes seraient chez eux. Ce type de cuite peut ressembler à un acte communautaire. En réalité, c'est un acte de solitude collective, dans lequel le dieu des puritains modernes, le Moi, règne sans partage.

Voilà.
Il en fait sûrement en peu trop sur le caractère destructeur, mais la fin est impeccable.

jeudi 20 août 2009

Inglourious Basterds

Le Tarantino que j'avais tant attendu est enfin arrivé. Et j'ai pu le voir dès le jour de sa sortie, alors que dehors la chaleur en dégonflait plus d'un, je me suis rafraîchi dans une salle de cinéma.

Outre les dialogues sublimes, réfléchis, souvent aux idées haineuses mais rendues risibles dans la foulée, le choix du dialecte en fait un film rare. Un film trilingue : il y a presque autant de français, que d'allemand et que d'anglais durant ce long-métrage (et une pointe d'italien qui peut donner un fou rire à plus d'un). L'allemand n'est pas caricaturé dans cette comédie, le français non plus, seul l'accent américain du Tennessee l'est (ironie du sort) par le jeu brillant de notre Bastard préféré : Brad Pitt.

Les caméras de Tarantino sélectionnent les vues avec une plume toujours aussi particulière et passionnante. Et ne censurent rien : les quelques fusillades et combats rapprochés n'ont pas peur de la chair et de l'hémoglobine. Un verre de lait, un gâteau, une cigarette ont aussi bien le droit à un gros plan qu'un acteur pour offrir des sensations choquantes ou artistiques aux spectateurs.

Le récit, bien que très classique, est une fiction qui n'a pas peur de piétiner l'Histoire, et qui ainsi imprègne la fin d'un suspens (contrairement à Walkyrie, par exemple). Il permet aussi d'éparpiller des centaines de références culturelles en tout genre.

Un film que je conseille, mais qui n'est vraiment pas fait pour les plus jeunes, comme n'importe quel Tarantino.

jeudi 13 août 2009

Pris sous son aile... Pris dans ses griffes.


Il y a des Amours bien différents dans notre petite vie.

Bonne Année !

Rien de mieux que la mi-août pour fêter une nouvelle année... Je voulais le faire le 1er Juillet, mais j'ai oublié.
Alors :

Bonne Année, et bonne santé !

Et ce jusqu'à une date indéterminée.
(j'ai quelques problèmes quant à savoir la durée d'un souhait de bonheur)
(Hermione, viens là ! Combien de temps dure un sort de Felix Anno Felicis à ton avis ?)
(Quoi ?!? Entre treize jours et une vie entière de Mathusalem ? Sacrée J.K. Rowling ! Où va-t-elle chercher ça ! C'est tellement ORIGINALE !)