samedi 13 novembre 2010

Potiche

Un film français, pour changer… Et le tout dernier de François Ozon, en plus. Avec le grand Luchini dont la verve me laisse toujours aussi béat !

En 78, alors que les grèves font rage dans une usine de province, l’histoire se focalise sur la famille du patron tyrannique. Ce cadre permet d’aborder, avec un grand humour, les différents thèmes politiques des 70’s comme le féminisme et les conditions prolétaires.

Voilà un des rares films où toute la salle riait à pleine larme, bien que la finesse de l’humour utilisée ici fût étrangère à la facilité d’autres films que je ne nommerais pas (pour ne pas faire de tort à Youn & Co, évidemment). Toutes générations confondues, (à ma droite, un jeune couple hippie, à ma gauche, des sexagénaires) se poilaient, se fendaient la gueule, voire s’esclaffaient à n’en plus entendre les dialogues. (J’exagère « a little »)

Pour information, les dernières fois que je vécu ceci, et Dieu seul sait que je passe du temps dans les salles de cinéma, fut lors des projections de « Looking for Eric » et de « Whatever Works ». Deux très bons moments inoubliables.

Inspirés d’une pièce de théâtre, les dialogues ont été fabuleusement écrits et agencés. Nous naviguions toujours entre la rive théâtrale et l'océan cinématographique, donnant un air très sympathique à l'ensemble. Et il nous gâta en surprise, le bougre ! Un Vaudeville où les quiproquos ne sont pas attendus, c'est rare. Et je n'ai presque rien vu venir !
De plus, Ozon est arrivé à faire écho à notre temps dans ce monde si kitsch. De nombreuses références, à Sarkozy notamment, se sont fondues dans le décor sans qu'il y ait d'anachronismes. La différence d'époque ne gêna en rien la compréhension, mais rajouta plutôt une touche d'exotisme très plaisante.
Côté mise en scène, Ozon a fait un grand travail tant sur les plans que sur la vivacité des acteurs. Acteurs jouant parfaitement, évidemment ! Et la subtilité du jeu de Catherine Deneuve était hallucinante. C'est ha-llu-ciinant ! dirait Luchini.

Un très bon film franchouillard, à mon humble avis.

dimanche 17 octobre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Ce dernier film de Woody Allen est l’archétype de son travail. On y retrouve, comme d'habitude, des personnages à foison et complexes, des scènes décalées et implicitement moralisatrices, et des plans de caméra si voyeuristes. Tout ce qui fait ses recettes favorites, en bref.

Un grand film pour les amateurs du style !

Cependant, (eh oui, il y a un gros "Cependant", comme dans la plupart des critiques !) on y rencontre aussi les trames singulières de ces anciens chefs d’œuvre, notamment Match Point, Vicky Cristina Barcelona, et Whatever Works. Ce dernier film est dans la même lignée, et reprend carrément leurs éléments de scénario. Il y a toujours le dragueur criminel et la noirceur de MP, la femme naïve et le comique de WW, le libertinage et la clarté de VCB ; tout ceci dans un cadre peu novateur et vieillissant (et le pire : British ! ...). Oh my God !

C’est ce qui me pousse à dire que ce Woody Allen n’a rien d’original. C’est un Woody Allen, point. Rien de nouveau à l’horizon. Bien que ce soit un très bon film, un adepte de ce réalisateur n'y croisera que du déjà-vu.

dimanche 27 juin 2010

Kick-ass


D’une légèreté comique, d’un gore burlesque, d’un cynisme ahurissant, et d’une violence hors-norme, Kick-Ass s’affiche au sommet des films Marvel.

D’un un style proche de Sin City ou The Spirit, il abandonne pourtant le traitement d’images artistique pour une image ordinaire – et moins nette que les blockbusters 2D/3D sortis ou à venir...
La force du film réside dans son côté sans tabous et faux-semblant. Les acteurs ne sont pas des tops-model, l’image n’est pas retouchée. Chose rare dans un film américain grand-public : il y a des obèses.
Cependant, il n’est pas réaliste, et il se l’interdit. En intensifiant très largement la cruauté du monde et en rendant la violence burlesque, comme le massacre au Katana sur un air enfantin, il balaye le réalisme pour offrir un divertissement sans garde-fou qui peut faire dégouter de la violence cinématographique.