jeudi 1 octobre 2009

District 9







— Dis : "strict".
— Strict !
— Nein ! Pas comme ça.
— Comment, alors ?
— District 9.










Voilà un film qui est... Euh... Qui donne de la matière à commenter.

Grosso modo, c'est de la science-fiction qui retourne au source (pendant une bonne partie du film) à l'aide d'une pompe hydraulique made in USA d'une puissance de 900 MegaWatts.
La source étant le but élémentaire, la graine philosophique, de la science-fiction, en considérant que la science-fiction fut créée pour divertir, certes, mais aussi pour pointer du doigt les défauts du genre humain. Les Uchronies, les inventions farfelues, les futurs apocalyptiques ou tout simplement les space-operas, qui couvrent les pages de nos bibliothèques, ne servent-ils pas, par le biais d'un élément extérieur, différent de notre réalité, à mettre en relief un trait de l'humanité ? Tels les contes philosophiques de Voltaire, qui par des péripéties alambiquées mènent à une morale.

En bref, District 9 essaie d'entrer dans cette dimension philosophique, d'une manière plus tranchante que Star Wars (réputé pour son côté manichéen très profond : "la haine te rend plus fort, mais te rend aussi solitaire. L'amitié, la compassion, l'union sont les vraies forces"), mais beaucoup moins subtile en ancrant dans la salle l'amère vérité, quelque peu exagérée et pessimiste : "L'Homme est un vrai connard et un sacré xénophobe, on ne peut rien y faire." Et durant 1h50 de film, d'innombrables exemples de cette fatalité nous sont servis, à en démoraliser un Clown.
Quelle morale appétissante...
D'ailleurs, avec toutes ces guerres ayant fait des milliards de morts depuis le début de l'âge de Bronze, avec ces siècles d'esclavage et de génocides, on ne se doutait pas (mais alors pas du tout, hein !) que l'Homme était un méchant salaud intolérant... Nul besoin de nous le rappeler sans cesse au cinéma, il suffit d'ouvrir un livre d'histoire, ou de regarder les news internationales.

Outre cette morale, l'histoire m'a fait penser au film "La mouche" de David Cronenberg (1986), puisque le protagoniste se transforme peu à peu en crevette extraterrestre (pour changer de la vulgaire mouche) et essaie de contrecarrer sa métamorphose. Rien de très glorieux... Aucune pensée métaphysique lui vient à part l'insondable expression : "Fuck ! Fuck ! Fuck !", le maître mot de l'homme sensé.

Du côté graphique, caméra à l'épaule dans le style du reportage, les extraterrestres sont d'un réalisme bluffant, les armes assez coquettes. Le monde futuriste au milieu de l'Afrique est très artistique. Et pour tout ceux qui aiment bien voir des connards joués par des acteurs (qui ne le sont peut-être pas), dans un contexte futuriste, dans un déluge d'effets spéciaux, et sous une pluie de "What the fuck, man !?!", ce film est pour vous. Pour les autres, passez votre chemin.

Bye Bye.

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