samedi 3 octobre 2009

Thirst !


Ce (très bon) film de Park Chan-Wook confirme sa maîtrise cinématographique en matière de "n'importe quoi esthétique".

Évidemment, c'est ENCORE un film de vampires, à croire que la mode s'attache aux créatures sanguinaires pour changer des super-héros. Entre Buffy (la guerrière blondasse), Twilight (les crétins amoureux), et Dracula (la belle et le miteux), il y manquait un film avec une envergure artistique, gore, psychologique, et humoristique.
Outre la satisfaction de ces exigences, je trouve l'histoire plutôt originale, pour le coup. Sûrement parce qu'elle se passe en Corée dans la maison de monsieur-tout-le-monde (ce qui n'est pas banal pour les vampires des vieux et profonds châteaux scandinaves) et que le vampire en question est un moine voulant rendre service à l'humanité.

Quand les Dieux buvaient...

Voici une série géniale !

Elle est constituée de quatre livres, et de deux tomes en format de poche (réunissant chacun deux livres, logique). Le premier tome est meilleur que le second, mais allez voir le niveau du premier pour relativiser la comparaison !
A part quelques passages lents, le lecteur ne peut pas s'ennuyait en les lisant : des descriptions courtes mais bien pensées, des remarques du narrateur tordantes, des dialogues amusants, une histoire originale, une action qui s'enchaîne rapidement souvent par des mises en écriture (mises en scène littéraires) inédites, etc...

Je ne peux pas dire s'ils sont aussi bons que du Terry Pratchett, mais ils sont quand même fichtrement déjantés.


jeudi 1 octobre 2009

The Hurt Locker


J'avoue qu'il y a quelques temps que je n'ai pas fait de bonnes critiques cinématographiques... Bonne, au niveau "enthousiasme", et non littéraire (parce qu'elles sont sûrement toutes pourries dans ce cas-ci, je ne suis pas un as de l'écriture). Mais cette fois-ci, en voilà une bonne !!

Démineurs (The Hurt Locker) est un film que j'ai "trop kiffé de la balle". Comme le disait un critique du New York Times : "Un suspense insoutenable", décrit parfaitement ce film – c'est son moule de fabrication.

"The Hurt Locker" n'a pas vraiment d'histoire, il se contente de mettre en scène plusieurs missions d'une escouade de déminage en Irak. En plus de créer du suspense, celles-ci permettent de connaître les différents protagonistes, mieux les comprendre psychologiquement, sentir leur stress, montrer les horreurs de la guerre, et enfin, servir d'exemple à la citation introduisant le film : "La guerre est une drogue".

Les plans, souvent pris avec la caméra à l'épaule pour plus de réalisme, sont très réussis et toujours réalisés de manière à s'identifier aux soldats et à instaurer un suspense. L'aspect psychologique est franchement bien tourné pour nous faire comprendre ce qu'il y a dans la tête des personnages avec quelques gestes, mimiques et paroles.
Excellent ! Évidemment, il est fait pour les adeptes de films de guerre. Ce n'est vraiment pas un film où tout est rose, mais plutôt désertique, rouge et noir.

District 9







— Dis : "strict".
— Strict !
— Nein ! Pas comme ça.
— Comment, alors ?
— District 9.










Voilà un film qui est... Euh... Qui donne de la matière à commenter.

Grosso modo, c'est de la science-fiction qui retourne au source (pendant une bonne partie du film) à l'aide d'une pompe hydraulique made in USA d'une puissance de 900 MegaWatts.
La source étant le but élémentaire, la graine philosophique, de la science-fiction, en considérant que la science-fiction fut créée pour divertir, certes, mais aussi pour pointer du doigt les défauts du genre humain. Les Uchronies, les inventions farfelues, les futurs apocalyptiques ou tout simplement les space-operas, qui couvrent les pages de nos bibliothèques, ne servent-ils pas, par le biais d'un élément extérieur, différent de notre réalité, à mettre en relief un trait de l'humanité ? Tels les contes philosophiques de Voltaire, qui par des péripéties alambiquées mènent à une morale.

En bref, District 9 essaie d'entrer dans cette dimension philosophique, d'une manière plus tranchante que Star Wars (réputé pour son côté manichéen très profond : "la haine te rend plus fort, mais te rend aussi solitaire. L'amitié, la compassion, l'union sont les vraies forces"), mais beaucoup moins subtile en ancrant dans la salle l'amère vérité, quelque peu exagérée et pessimiste : "L'Homme est un vrai connard et un sacré xénophobe, on ne peut rien y faire." Et durant 1h50 de film, d'innombrables exemples de cette fatalité nous sont servis, à en démoraliser un Clown.
Quelle morale appétissante...
D'ailleurs, avec toutes ces guerres ayant fait des milliards de morts depuis le début de l'âge de Bronze, avec ces siècles d'esclavage et de génocides, on ne se doutait pas (mais alors pas du tout, hein !) que l'Homme était un méchant salaud intolérant... Nul besoin de nous le rappeler sans cesse au cinéma, il suffit d'ouvrir un livre d'histoire, ou de regarder les news internationales.

Outre cette morale, l'histoire m'a fait penser au film "La mouche" de David Cronenberg (1986), puisque le protagoniste se transforme peu à peu en crevette extraterrestre (pour changer de la vulgaire mouche) et essaie de contrecarrer sa métamorphose. Rien de très glorieux... Aucune pensée métaphysique lui vient à part l'insondable expression : "Fuck ! Fuck ! Fuck !", le maître mot de l'homme sensé.

Du côté graphique, caméra à l'épaule dans le style du reportage, les extraterrestres sont d'un réalisme bluffant, les armes assez coquettes. Le monde futuriste au milieu de l'Afrique est très artistique. Et pour tout ceux qui aiment bien voir des connards joués par des acteurs (qui ne le sont peut-être pas), dans un contexte futuriste, dans un déluge d'effets spéciaux, et sous une pluie de "What the fuck, man !?!", ce film est pour vous. Pour les autres, passez votre chemin.

Bye Bye.