lundi 24 août 2009

In Vodka Veritas


Je recopie dans ce billet un article (écrit par le philosophe anglais Roger Scruton dans la revue Standpoint en Juin 2009 et traduit en français dans Philosophie Magazine en Juillet 2009) qui a le mérite ou le déshonneur de refléter plus ou moins ma manière de pensée sur le phénomène que j'appelle "l'alcoolisme sans conscience de ce putain de bordel environnant" ou autres insanités qui viennent à l'esprit.

Bref:
Si vous souhaitez comprendre le phénomène de "binge drinking" [qui consiste à se réunir occasionnellement pour boire des quantités massives d'alcool dans un lieu public, NDLR] et ce dont il témoigne, je crois qu'il faut partir de la réflexion suivante :
Lorsque des gens s'asseyent ensemble sur une place publique – une place dont personne n'est le souverain, mais où chacun se sent chez lui –, et lorsque ces personnes passent la soirée ensemble, à siroter des boissons grâce auxquelles l'esprit du lieu est mémorisé et magnifié, à fumer dans certains cas, sans craindre de troquer les bénéfices incertains de la longévité pour les joies assurées de la camaraderie, ils répètent dans leur âme l'accord originel, l'acte grâce auquel notre espèce s'est mise sur le chemin de la civilisation à travers la loi et l'ordre.
Quand, en revanche, des gens sifflent leurs boissons sans intérêt pour leurs voisins, sauf à se considérer tous comme les membres égaux d'une tribu sauvage de chasseurs-cueilleurs, quand leur intérêt est de parvenir à l'ivresse et quand l'acte de boire n'est ni savouré ni compris, alors ils en reviennent à ce temps d'avant la civilisation où la vie était solitaire, pauvre, brutale, vicieuse et courte. On le comprend, une telle manière de boire conduit à un sentiment belliqueux à l'égard de tous les signes environnants de stabilité, à un besoin impérieux de frapper et de détruire pour remplacer le monde ordonné des maisons, des rues et des immeubles publics par un vaste terrain vague où seuls les ivrognes seraient chez eux. Ce type de cuite peut ressembler à un acte communautaire. En réalité, c'est un acte de solitude collective, dans lequel le dieu des puritains modernes, le Moi, règne sans partage.

Voilà.
Il en fait sûrement en peu trop sur le caractère destructeur, mais la fin est impeccable.

1 commentaire:

  1. c'est interessant comme article et pas denué de sens. c'est vrai que l'alcool est en general nefaste et qu'il vaut mieux l'eviter tant qu'on le peut. apres le boire en societé pour faire la fete occasionnellement n'est pas un mal tant qu'on le fait sans trop d'exces. Ou le boire avec une personne, peut etre pour montrer son appartenance, son rang social, on sait boire, on est un grand !

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