mardi 14 avril 2009

La démocratie


J'avais envie de recycler un ancien article que j'ai écrit un peu avant les présidentielles de 2007, dans un journal lycéen. Donc, je vous le retape sur ce blog, en l'actualisant un tout petit peu :
(il n'est pas si dépassé que cela, je trouve)


Attendez ? Qu'entends-je ? "La politique, c'est lourd ?" Ah, oui, ce n'est pas faux... Tout dépend de la manière dont on la considère. Si nos yeux hagards ne la voient transparaître que par de longs discours, oui, putain, que c'est lourd !
Mais si on la considère dans tout son ensemble : toutes ses nuances sont fascinantes ! La politique, cet art, peut passer de la baston générale à la fine psychologie. Il est tellement agréable de voir un politicien aller se faire voir par un autre, soit de manière forte, soit de manière subtile.
"Vous êtes un pauv' type, Mélanchon. [...] On serait au 19ème siècle, je vous provoquerais en duel, et je vous flinguerais. Et ce serait mérité !" dit Lellouche il y a une semaine à Mélanchon dans l'émission Riposte pour conclure leur désaccord sur leur vision respective de l'OTAN.
Voilà, un délire de passé...

La démocratie ! C'est magnifique comme mot, non ? Le pouvoir du peuple... Un pouvoir tellement immense qu'on ne le voit pas du tout, ou seulement quelques miettes.
Certains rétorqueront que seuls les dirigeants le voient, et d'autres devineront que même un président a peu de pouvoir. Oubliez les articles 11, 12 ou même le bon vieil article 16 ! Au final, le président n'est qu'un humain, comme nous. Et ses soient disantes décisions ne sont rien face à la globalisation de la planète... Et face aux manif' françaises... ... ...
On peut imaginer le métier de président comme tous les autres : on suit le mouvement de toute la machinerie environnante, et on prend quelques initiatives. En revanche, on a un petit sentiment de grandeur en plus, on peut aussi dire "J'aime la France" devant des millions de téléspectateurs, et puis voilà. Que ce soit nous, ou le président, le citoyen n'est pas un être politique, mais un parmi une multitude.
Chaque Français voit son potentiel de pouvoir politique défiler devant lui. Par démocratie, on peut penser, innocemment, qu'on aura notre mot à dire. Oui, au début, tout le monde pense : "Chouette, je vais pouvoir soumettre mon opinion !". Au final, on ne soumet que deux mots, un nom et un prénom, par le biais d'une urne, rouillée ou vitreuse.

"La principale préoccupation de la droite : garder le pouvoir. Mon plus grand désir : vous le rendre." Voilà du Mitterrand tout craché... Le premier grand politicien à dire que la démocratie roulait sur une roue voilée...
En fait, la démocratie est en crise dans ce pays. (Nan, nan. Sans blague ?) Certains des candidats essaient de redresser la pente par de faux discours. Simulacre que tout cela. La mode est de rattacher au mot "démocratie" des qualificatifs, pour la rendre plus véridiques. Oh, tiens ! Que vois-je : "Démocratie participative", comme si la démocratie n'était pas collective... Un autre pour la route : "Démocratie de proximité". Et ça repart : "Démocratie citoyenne"...
Tout ceci montre le manque d'idées de nos candidats, ou de solutions, du moins.
En revanche mes chers ! En revanche, chaque candidat promet de nombreuses réformes ! Et laisse penser qu'il veut voir le renouveau du "volontarisme politique". (quelle jolie expression...) Mais ce que les plus grands (de par la taille de leur parti) de ces candidats oublient c'est qu'ils sont libéraux, et ils laissent donc percer la mondialisation dans notre politique interne, ce qui supprime la plupart des marges de manœuvre pour ces "réformes"... Pigeon !

En fait, il y a démocratie au sein de son propre antipode : la mondialisation, qui est régie par le capitalisme, la dictature du profit. Et le "pouvoir du peuple" se transforme peu à peu en "pouvoir du bénéfice". Si la démocratie ne marche plus comme il le faut à cause de la "mondialisation", alors par conséquent, la mondialisation nous enlève un "pouvoir", elle entrave notre liberté.
"La volonté de peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics" proclame la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Tout ce qu'on voit, c'est que notre pouvoir politique diminue et que le capitalisme se propage. Cependant, les candidats aiment user de leur langue de bois pour nous faire croire à leur "utopie", qui est la joyeuse image de leurs propres intérêts.
Ils s'accusent les uns les autres. Et s'appuient sur des réformes constitutionnelles, comme si un faux "renforcement de pouvoir" du peuple pourra nous mener vers la "lumière"... En fait, avant de réformer. Il faut peut-être qu'on se réunisse tous ! (au lieu de virer les sans-papiers, par exemple, ou de s'envoyer des insultes entre candidats) C'est aussi une utopie. Mais il est très difficile de croire que de modifier des fonctions politiques locales va tout changer... Il est drôle de voir ce qu'on peut utiliser comme prétexte : l'insécurité, les privatisations, les réformes... Tout ceci n'est que la partie émergente de l'iceberg.

Les politiciens ne valent plus grand-chose dans ce contexte de la mondialisation. On vote pour du vent ! Par ailleurs, il y a de moins en moins de débats de fond. Chaque candidat veut être le maître d'un grand tout qui n' est qu'un grand vide : il n'y a plus de pouvoir, plus d'idéaux, plus de volonté, plus de discussions...

Mais n'oubliez pas : Votez ! ...



Voili, voilou, c'est terminé !
A plus.

1 commentaire: