mardi 31 mars 2009

Question bête

Croyez-vous en vos principes ?



Sachant que "principes" signifient "règles morales", on peut se dire que la question est d'une absurdité et d'une évidence aveuglante, puisque la définition du mot peut se reporter à une croyance dans certains cas.

Et pourtant, elle n'est pas si inepte que ça, cette question. Je l'ai sortie de ma tête il y a quelques heures, à un moment où ma lucidité avait pris congé, et puis je me suis dit qu'elle pourrait être intéressante en fin de compte. J'ai pensé :
J'ai mes principes, mais je sais que d'autres ont des principes opposées aux miens qui pourtant leur conviennent. Si l'on considère l'éthique comme relative à chacun et que l'on tolère celle des autres, nos propres actes mis sous la bannière des principes sont sous les projecteurs du doute.

En fait, les principes ne sont pas des vérités indémontables, ce sont plutôt des opinions faites sur mesure pour nous. Nous y adhérons car ils nous arrangent, sans qu'y croire soit une nécessité.
Il suffit de regarder le monde des politicards, ils affichent leurs opinions, leurs principes et leurs convictions, mais ce ne sont que des engins de campagne, ce ne sont pas des croyances telles que 2+2=4.

En croyant, par définition, nous tenons pour véritable. Mais le plus souvent, nous tenons pour meilleur, pour intérêt, pour avantage à notre éthique :
Si l'interdiction de tuer autrui est dans nos principes, ce n'est pas parce qu'on voit cet acte comme inacceptable dans tout type de contexte (considérons les guerres et la peine capitale), c'est surtout pour nous éviter de se faire tuer, d'avoir des amis morts précocement, ou d'avoir une mauvaise conscience.
Si l'infidélité est contraire à nos principes, c'est pour être sûr d'être avec une personne qui nous aime honnêtement (ce que j'espère en tout cas), ce n'est pas une loi immuable de l'humanité (regardons la polygamie et le libertinage).
Il y a tant de choses qui obéissent à l'impératif catégorique de Kant, (ou plus simplement : ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse) et qui appartiennent à nos principes...

Les principes sont donc des phénomènes sociaux qui n'ont rien à voir avec une quelconque vérité absolue. Les principes cachent nos intérêts. Un Homme entièrement coupé de la société aurait-il une éthique ?

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